Le logement étudiant coûte 10 % plus cher en meublé selon l’ANIL
Manuel Ravier
4 minutes
Publié le 31/10/2026
Les logements meublés coûtent en moyenne 10 % plus cher que les logements loués vides, à caractéristiques comparables. C’est le constat d’une nouvelle étude de l'ANIL, publiée le 28 octobre 2026. Dans les marchés immobiliers les plus tendus, l’écart dépasse même 15 %.
Cette différence concerne particulièrement les étudiants et les jeunes actifs, qui représentent une part importante des occupants de logements meublés. L’étude révèle également que ce parc a plus que doublé en seize ans. Une progression qui interroge sur l’accès au logement et sur l’évolution de l’offre locative en France.
Pourquoi l’ANIL s’intéresse-t-elle à la progression des logements meublés ?
Dans son étude publiée le 28 octobre 2026, l’ANIL analyse le développement de la location meublée de longue durée et ses conséquences sur le parc locatif privé. L’organisme examine notamment les profils des occupants, l’évolution de l’offre et les différences de loyers avec la location vide.
Il distingue la location meublée utilisée comme résidence principale de la location touristique de courte durée. Son constat : le meublé occupe une place croissante dans le marché locatif, en particulier dans les villes.
Un parc qui a plus que doublé en seize ans
Entre 2006 et 2022, le nombre de logements meublés occupés comme résidences principales est passé de moins de 500 000 à environ 1,07 million. Ils représentent ainsi près de 14 % du parc locatif privé.
Sur cette période, le parc meublé a progressé de 129 %, contre 10,4 % pour les logements loués vides. La location nue continue donc d’exister et de progresser, mais à un rythme beaucoup plus faible.
Les logements meublés sont principalement implantés dans les zones urbaines. Ils se composent aussi de nombreuses petites surfaces : près de 47 % du parc étudié correspond à des logements d’une pièce.
Cette évolution répond aux besoins des personnes qui recherchent un logement immédiatement habitable. Les étudiants, les jeunes actifs et les personnes en mobilité professionnelle peuvent ainsi s’installer sans acheter de mobilier ni organiser un déménagement complet.
Les étudiants représentent 23 % des occupants
Les étudiants représentent 23 % des occupants de logements meublés, selon les données relayées par le réseau ANIL/ADIL. Les personnes de moins de 24 ans constituent également 40 % des locataires de ce parc.
Ces chiffres montrent la place du meublé dans les premières étapes du parcours résidentiel. Un étudiant qui quitte le domicile familial ou arrive dans une nouvelle ville pour poursuivre ses études peut privilégier un logement déjà équipé.
La durée d’occupation est également plus courte que dans la location vide. Près de 46 % des locataires étudiés occupent leur logement meublé depuis moins de deux ans. Cette rotation contribue à expliquer la présence importante de ces biens dans les annonces immobilières.
Le meublé répond donc à un besoin réel de mobilité. Mais cette facilité d’installation s’accompagne d’un coût locatif généralement plus élevé.

Pourquoi les logements meublés coûtent-ils 10 % plus cher ?
Selon l’étude de l’ANIL, les loyers des logements meublés sont en moyenne 10 % plus élevés que ceux des logements nus comparables. Dans certaines zones immobilières tendues, l’écart dépasse 15 %.
Pour établir cette comparaison, l’organisme a exploité des annonces publiées sur Leboncoin et SeLoger. L’analyse prend en compte les caractéristiques des logements afin de comparer des biens similaires.
Un surcoût qui dépasse 15 % dans plusieurs territoires
L’écart de loyer varie selon les marchés immobiliers. Il dépasse 15 % dans les unités urbaines de Paris, Bordeaux, Strasbourg et Lyon, ainsi que dans plusieurs territoires ultramarins, notamment à La Réunion, en Martinique et en Guyane.
Dans ces secteurs, la location meublée peut représenter une contrainte supplémentaire pour les candidats disposant d’un budget limité. Les étudiants sont particulièrement concernés lorsqu’ils doivent trouver rapidement une petite surface à proximité de leur établissement.
Le mobilier fourni explique une partie de la différence : le locataire évite les dépenses d’équipement et les frais liés à son installation. Mais cet avantage ne compense pas nécessairement le surcoût du loyer, surtout lorsque l’occupation dure plusieurs années.
Les annonces meublées gagnent du terrain
L’étude relève également une progression importante des annonces de logements meublés. Entre 2022 et 2025, leur nombre a augmenté de 163 000. Elles représentaient 46 % des annonces locatives analysées en 2025, contre 34 % en 2022.
Dans le même temps, les annonces de logements loués vides ont diminué de 150 000.
Ces proportions ne doivent toutefois pas être confondues avec la composition réelle du parc immobilier. Les logements meublés représentaient environ 14 % du parc locatif privé en 2022, mais leur part dans les annonces atteignait déjà un niveau bien supérieur.
La rotation plus fréquente des occupants explique en partie cette différence : un logement meublé peut être remis en location plusieurs fois sur une période relativement courte.
Pourquoi les propriétaires développent-ils la location meublée ?
La progression du meublé ne s’explique pas uniquement par les attentes des locataires. L’ANIL relève également plusieurs avantages pour les propriétaires : des durées de location plus courtes, des loyers généralement plus élevés et un cadre fiscal historiquement favorable.
La location meublée permet notamment à un bailleur de proposer un logement équipé à des personnes qui recherchent une solution temporaire ou une installation rapide. Cette formule répond à la demande des étudiants et des actifs en mobilité.
L’étude souligne aussi que la fiscalité a contribué à renforcer l’attractivité du meublé par rapport à la location nue. Les règles fiscales applicables aux revenus locatifs diffèrent selon le statut du propriétaire et le régime choisi.
Cette rentabilité locative plus élevée ne signifie toutefois pas que le meublé génère automatiquement un meilleur rendement net. Le propriétaire doit intégrer le coût du mobilier, son renouvellement, l’entretien des équipements, les périodes de vacance et les frais de gestion.
L’essor du meublé présente donc deux aspects : il répond aux besoins de certains locataires, mais peut aussi accentuer les difficultés d’accès au logement lorsque les loyers deviennent trop élevés.
Location meublée ou vide : que choisir quand on est étudiant ?
Le choix dépend de votre budget, de la durée prévue dans le logement et de votre situation au moment de l’installation. Un logement meublé facilite l’arrivée dans une nouvelle ville, tandis qu’une location vide peut être plus économique pour un étudiant qui possède déjà ses meubles ou prévoit de rester plusieurs années.
Avant de signer, comparez le coût global des deux solutions.
| Critère | Location meublée | Location vide |
|---|---|---|
| Installation | Logement équipé dès l’arrivée | Mobilier à acheter ou à transporter |
| Loyer | En moyenne 10 % plus élevé selon l’ANIL | Généralement moins élevé |
| Durée d’occupation | Adaptée aux mobilités courtes | Peut convenir à une installation plus longue |
| Dépenses initiales | Mobilier déjà présent | Ameublement à financer |
Un étudiant qui arrive dans une ville pour une année universitaire peut préférer le meublé, même si son loyer est supérieur. À l’inverse, celui qui possède déjà ses équipements et prévoit de rester plusieurs années a intérêt à comparer les logements vides disponibles.
Le conseil de l’expert
"Ne choisissez pas un logement uniquement parce qu’il est meublé ou parce que son loyer paraît attractif. Calculez le coût de votre installation sur toute la durée prévue : loyers, charges, transport, mobilier et éventuels frais annexes. Si vous hésitez entre deux offres, comparez leur coût total sur neuf ou douze mois. Vous pourrez ainsi déterminer si le confort d’un logement équipé justifie réellement son surcoût." Manuel Ravier, cofondateur d’ImmoJeune

Le surcoût du meublé complique-t-il l’accès au logement étudiant ?
Le développement du parc meublé répond à un besoin réel de mobilité, mais son coût supplémentaire pèse sur les budgets les plus serrés. Avec un écart moyen de 10 % par rapport aux logements nus comparables, cette formule peut représenter une dépense importante pour les étudiants et les jeunes actifs.
L’étude de l’ANIL met en évidence un enjeu pour le marché locatif : maintenir une offre adaptée aux personnes mobiles sans réduire les possibilités d’accès aux logements abordables. Les écarts observés entre les territoires montrent aussi que la situation dépend fortement des tensions locales sur le logement.
Pour les étudiants, comparer les loyers, les charges et les dépenses d’installation reste donc indispensable avant de choisir leur logement.
FAQ sur le coût des logements meublés
Les logements meublés sont-ils plus chers que les logements vides ?
Oui. Selon l’étude de l’ANIL publiée le 28 octobre 2026, les loyers des logements meublés comparables sont en moyenne 10 % plus élevés que ceux des logements loués vides. L’écart dépasse 15 % dans plusieurs marchés immobiliers tendus.
Quelle part des locataires en meublé sont des étudiants ?
Les étudiants représentent 23 % des occupants du parc locatif meublé étudié par l’ANIL. Les personnes de moins de 24 ans comptent, quant à elles, pour 40 % des locataires de ces logements.
Pourquoi les étudiants choisissent-ils un logement meublé ?
Un logement meublé permet de s’installer rapidement sans acheter de mobilier. Cette solution répond aux besoins des étudiants qui changent de ville pour leurs études ou occupent un logement pendant une période limitée.
Le parc de logements meublés remplace-t-il progressivement la location vide ?
Non. Le parc locatif vide continue de progresser, mais moins rapidement que le parc meublé. Entre 2006 et 2022, sa croissance a atteint 10,4 %, contre 129 % pour les logements meublés.
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