Loi DPE 2025 : impacts sur le logement étudiant et les bailleurs
Manuel Ravier
4 minutes
Publié le 19/07/2025
Par Manuel Ravier — Co-fondateur d'Immojeune
Publié le 19 juillet 2025 — Mis à jour le 29 septembre 2026
Ce qu’il faut retenir
- Interdiction stricte depuis le 1er janvier 2025 : Les logements affichant un Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) de classe G sont impropres à la location (loi Climat et Résilience du 22 août 2021).
- Conséquence directe : Impossibilité légale d'attribuer un nouveau bail, de renouveler ou de relouer un studio ou un appartement classé G sans travaux préalables.
- Prochaines échéances : Interdiction de la classe F fixée au 1er janvier 2028, puis de la classe E au 1er janvier 2034.
- Chiffres clés : Plus de 1,8 million de logements résidences principales sont directement impactés en France métropolitaine selon l'Observatoire National de la Rénovation Énergétique (ONRE).
- Sanctions : Suspension des loyers, obligation de réalisation de travaux ordonnée par le tribunal, remboursement des loyers indûment perçus et suspension du versement des allocations logement (APL) par la CAF.
Le 1er janvier 2025 marque l'entrée en vigueur de l'interdiction de louer tous les logements classés G au Diagnostic de Performance Énergétique (DPE), conformément à l'article 160 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique. Tous les propriétaires bailleurs d’appartements, de studios ou de chambres de service dont la consommation dépasse 420 kWh/m²/an doivent réaliser des travaux d'isolation ou de chauffage pour conserver leur droit de louer.
Cet article fait le point. Il explique les seuils de performance, les obligations légales à partir de 2025 et les options concrètes pour conserver un logement louable. Il aborde aussi les risques pour la valeur des biens, les impacts sur les investissements immobiliers et les pistes pour anticiper les sanctions.
Quel est le calendrier officiel de l’interdiction de louer de la loi DPE 2025 ?
Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G sont exclus du marché locatif en France métropolitaine pour tout nouveau contrat, renouvellement ou avenant. Les étapes suivantes du calendrier légal interdiront les logements de classe F dès le 1er janvier 2028, puis les logements de classe E au 1er janvier 2034.
Le calendrier de la loi Climat et Résilience s'applique uniformément sur le territoire métropolitain à l'ensemble du parc locatif privé et social.
|
Classe énergétique DPE |
Seuil de consommation (kWh/m²/an) | Date d'interdiction de mise en location | Impact sur les baux |
|
Classe G |
Supérieure à 420 | 1er janvier 2025 | Nouveaux baux, renouvellements et relocations interdits |
|
Classe F |
De 331 à 420 | 1er janvier 2028 | Nouveaux baux, renouvellements et relocations interdits |
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Classe E |
De 251 à 330 | 1er janvier 2034 | Nouveaux baux, renouvellements et relocations interdits |
|
Classes A, B, C, D |
De 0 à 250 | Aucune interdiction | Pleinement autorisées à la location sans restriction |
Pourquoi les passoires thermiques sont-elles exclues du marché locatif ?
Selon les statistiques officielles publiées par le Ministère de la Transition Écologique en 2024, la France comptait 4,8 millions de passoires énergétiques (étiquettes F et G) dans le parc de résidences principales, dont 1,8 million classées spécifiquement G. Ces logements génèrent une précarité énergétique directe pour les occupants et représentent environ 20 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur résidentiel en France. Le législateur utilise l'interdiction locative comme un levier réglementaire direct pour forcer la rénovation globale du parc locatif ancien.

Quelles sont les classes DPE concernées par l’interdiction ?
Toutes les classes énergétiques inférieures à E sont concernées, mais selon un calendrier progressif. La première interdiction est arrivée en 2025.
Classe G : interdiction totale à partir de 2025
L'interdiction totale s'applique à tous les types de logement. Même avec un bail meublé, même une location étudiante, même un studio de 10 m² : la règle s’applique à tous les biens, sans distinction de surface ou de public visé. Aucun nouveau bail ne pourra être signé. Un renouvellement de bail ou un changement de locataire sera aussi bloqué. C’est la première marche vers la disparition progressive des biens très mal notés.
Classe F : prochaine étape en 2028
Pensez à anticiper, car les logements classés F suivront en 2028. L’interdiction prendra la même forme : impossibilité de signer un nouveau bail si la performance énergétique n’a pas été améliorée. Il s’agit souvent de logements anciens, mal isolés, avec une ventilation dégradée ou un chauffage peu performant.
Classe E : échéance prévue pour 2034
Dix ans après la classe G, c’est la classe E qui sera visée. Cela concerne une part importante du parc locatif en France, notamment dans les grandes agglomérations et les zones étudiantes. À cette date, seuls les logements classés A, B, C ou D resteront éligibles à la location sans restriction.
DPE 2025 : qui doit faire un audit énergétique ?
À partir de cette année 2025, certains logements ne pourront plus être loués sans avoir réalisé un audit énergétique. Cette obligation vient compléter le diagnostic de performance énergétique classique. Elle vise à informer les propriétaires sur les travaux à réaliser pour sortir des classes F et G.
Audit exigé pour la vente des logements mal classés
Depuis avril 2023, un audit énergétique est obligatoire pour vendre un logement classé F ou G. Cette règle s’applique à tous les biens en monopropriété (maison ou immeuble entier). En cas de copropriété, l’obligation a été reportée. L’audit doit être réalisé avant la mise en vente. Il précise les points faibles du logement, propose des scénarios de rénovation et chiffre le coût estimé des travaux.
Audit recommandé avant toute mise en location à risque
Pour la location, l’audit n’est pas encore généralisé, mais il devient fortement recommandé pour anticiper une interdiction. Il permet au bailleur d’avoir une vision claire du chemin à parcourir pour atteindre une classe D ou mieux. Ce document sert aussi à monter un dossier d’aide financière, à dialoguer avec les artisans et à planifier les travaux dans un ordre logique.
Contenu de l’audit : points techniques et scénarios
Un audit sérieux comporte :
- un état détaillé de l’enveloppe du bâtiment (isolation, ventilation, menuiseries),
- un repérage des équipements (chauffage, eau chaude, ventilation),
- plusieurs trajectoires possibles de rénovation, par étape ou en une seule fois,
- un gain énergétique prévisible à chaque étape.
Le document n’a pas de valeur contractuelle, mais il engage le professionnel qui le rédige. Son objectif est de permettre aux propriétaires de chiffrer précisément le coût de mise en conformité.
Quelles obligations pour les propriétaires bailleurs de logements étudiants ?
Tout bailleur proposant un logement étudiant doit fournir au locataire un DPE valide réalisé selon la méthode 3CL révisée lors de la signature du contrat de bail. Si le bien affiche l'étiquette G, le contrat ne peut pas être conclu ni renouvelé légalement.
Les petites surfaces très prisées par les étudiants (studios, T1, chambres meublées) sont historiquement surreprésentées parmi les passoires thermiques.
Un DPE à jour obligatoire
Avant toute mise en location, le diagnostic de performance énergétique doit être fourni. Il doit être conforme à la méthode de calcul en vigueur depuis juillet 2021. Un ancien DPE réalisé selon l’ancienne méthode n’est plus valable dans la plupart des cas. Ce document est requis pour publier une annonce, signer un bail, ou simplement renouveler une location existante.
L'interdiction de louer un logement classé G
À compter du 1er janvier 2025, les logements notés G sont considérés comme indécents. Ils ne pourront plus être proposés à la location. Ce blocage s’applique même si le logement est en bon état, ou bien situé. La loi considère qu’un bien très énergivore nuit à la santé et au budget du locataire. Il est donc exclu du marché jusqu’à rénovation.
Quelles sont les sanctions prévues en cas de non-conformité ?
Un bail signé malgré une interdiction peut être contesté par le locataire. Celui-ci peut exiger la mise aux normes, une réduction de loyer, voire l’annulation du bail. De plus, les aides liées au logement (APL, AL) peuvent être refusées si le bien est mal classé. Cela rend la location difficile, voire impossible. Enfin, le bailleur s’expose aussi à des amendes, en cas de manquement répété ou de fausse déclaration dans l’annonce.
Cas particuliers : baux en cours et renouvellements
Les contrats déjà signés avant 2025 ne sont pas immédiatement concernés. Le logement peut continuer à être occupé, mais il ne pourra plus être reloué à un nouveau locataire une fois le bail terminé. Les reconductions tacites sont tolérées, mais les renouvellements formels peuvent être bloqués si le logement reste en classe G. Il est donc conseillé d’anticiper les échéances et d’engager les travaux à temps.
Quelles solutions pour éviter l’interdiction de louer ?
Face à l’échéance de 2025, les propriétaires doivent agir au plus vite, si cela n'a pas encore été fait. Louer un bien mal classé ne sera plus possible. Mais des leviers concrets existent pour améliorer la note énergétique et conserver le droit de louer.
Réaliser un diagnostic fiable et complet
Avant d’engager des travaux, il faut partir sur une base claire. Le diagnostic de performance énergétique doit être à jour, réalisé avec la méthode en vigueur. Si le bien est en classe F ou G, un audit énergétique est conseillé. Ce document donne une vision précise de ce qu’il faut corriger : isolation, ventilation, mode de chauffage, production d’eau chaude, etc.
Planifier les travaux en fonction des points faibles
Chaque logement a ses faiblesses. Pour certains, il s’agit d’une isolation insuffisante ; pour d’autres, d’un système de chauffage dépassé. L’audit permet d’établir des priorités. Les scénarios peuvent aller d’une rénovation simple (changement de fenêtres, isolation des murs) à un chantier plus complet (remplacement du système de chauffage, rénovation globale).
Utiliser les aides financières disponibles
Plusieurs dispositifs peuvent réduire fortement le reste à charge :
- MaPrimeRénov’, attribuée sous conditions de revenus et selon les travaux,
- éco-PTZ, prêt à taux zéro accordé par certaines banques,
- accompagnement technique via MonAccompagnateurRénov’, obligatoire pour certains projets.
Cumuler ces aides permet d’envisager une rénovation sans grever la rentabilité locative. Les aides locales peuvent s’ajouter, selon la commune ou la région.
Calculer le gain locatif post-travaux
Une meilleure note DPE valorise le logement. Elle permet de :
- justifier un loyer plus stable,
- éviter des vacances locatives,
- augmenter l’attractivité du bien sur les plateformes de location.
Dans un marché concurrentiel, un logement performant énergétiquement se loue plus vite, à des profils solvables.

Quel impact pour l’investissement immobilier étudiant en 2025 ?
L’interdiction de louer des logements mal classés change la donne pour l’investissement locatif, en particulier dans le secteur du logement étudiant. Studios, T1, chambres de service : ce sont souvent les premiers visés par les restrictions. La rentabilité et l’éligibilité locative dépendent désormais de leur performance énergétique.
Les petites surfaces souvent mal notées
De nombreux logements étudiants sont situés dans l’ancien : immeubles haussmanniens, copropriétés anciennes, petits appartements sous les toits. Ces biens présentent souvent une mauvaise isolation, un chauffage électrique vétuste, et peu de ventilation naturelle. Résultat : une grande part de studios étudiants tombent en classe F ou G. À partir de 2025, une partie de ce parc devient non louable, surtout dans les grandes villes étudiantes : Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Lille. L’offre locative étudiante pourrait ainsi reculer dans les secteurs les plus tendus.
Une pression sur les bailleurs étudiants
Les propriétaires de studios destinés à la location étudiante devront réagir vite. Soit en rénovant leur bien, soit en changeant de stratégie (revente, location saisonnière, passage en résidence étudiante gérée). Le maintien de la location classique passera par une remise à niveau énergétique. Il faut aussi anticiper la communication : une annonce de location sans DPE conforme pourra être retirée. Sans ce document, il sera également impossible de louer avec les aides (APL ou ALS), ce qui élimine une partie des locataires potentiels.
Risque de décote… et opportunité d’achat ciblé
Un studio classé G verra sa valeur baisser s’il n’est pas rénové. Mais cette situation peut devenir une opportunité pour les investisseurs avertis. Acheter un petit logement mal classé, le rénover intelligemment, et le repositionner sur le marché étudiant permet de capter un bon rendement dans un marché en contraction. Les villes universitaires manquent déjà de logements. Le recul de l’offre locative due aux interdictions créera de nouveaux déséquilibres. Les biens rénovés, bien placés, bien notés, seront très demandés.
Des mesures pour toute la France entière ?
Le calendrier d’interdiction s’applique à tout le pays, mais ses effets varient selon les territoires. Certaines villes seront beaucoup plus impactées que d’autres, en particulier là où le logement étudiant est concentré dans l’ancien.
Les zones tendues plus exposées
Dans les grandes métropoles étudiantes comme Paris, Lyon, Bordeaux, Lille ou Marseille, une part importante du parc locatif étudiant est composée de petites surfaces dans des immeubles anciens. Ces logements affichent souvent des DPE en classe F ou G, parfois sans travaux récents. Cette année, des milliers de studios risquent d’être retirés du marché. La tension sur les résidences universitaires et les appartements rénovés va s'accentuer. Les bailleurs présents sur ces marchés devront anticiper ou risquer la vacance.
Les villes secondaires moins impactées… pour le moment
Dans les villes moyennes ou les zones universitaires plus récentes (ex. : La Rochelle, Chambéry, Angers, Pau), le parc locatif est parfois plus récent ou mieux isolé. Moins de logements sont touchés directement par l’interdiction de 2025, mais la réforme s’étendra aux classes F dès 2028, ce qui élargira son impact. L’effet d’éviction touchera donc aussi ces secteurs, avec un décalage de quelques années.
Une carte du logement étudiant en train de se redessiner
À terme, le marché va se réorganiser autour de deux types de biens :
- les logements rénovés et performants, rapidement loués, plus chers, plus sûrs juridiquement,
- les logements bloqués, non rénovés, devenus invendables sans décote.
Pour les propriétaires, l'enjeu est de ne pas rester dans la deuxième catégorie. Anticiper les échéances, s’aligner sur les normes, et valoriser un bien bien classé devient une stratégie à part entière.
DPE 2025 et logement étudiant : ce qu'il faut retenir
La loi DPE 2025 marque un tournant pour les bailleurs, en particulier ceux qui louent des studios ou petits appartements à un public étudiant. Un logement étudiant classé G ne peut plus être proposé à la location. Et la réforme s’étendra aux autres classes basses dès 2028.
Investir aujourd’hui dans l’amélioration énergétique, c’est maintenir la rentabilité demain. Ce qui était un simple document annexe (le DPE) devient désormais un critère structurant. Pour louer, vendre, ou acheter sans risque, il faudra en tenir compte à chaque étape.
Tableau récapitulatif des interdictions et échéances de la loi DPE
|
Type de bien |
Classe DPE |
Interdiction à partir de |
Conséquences |
|
Logement à louer |
Classe G |
1er janvier 2025 |
Interdiction totale de mise en location |
|
Logement à louer |
Classe F |
2028 |
Interdiction de mise en location |
|
Logement à louer |
Classe E |
2034 |
Interdiction de mise en location |
|
Vente de logement |
Classe F ou G |
Dès 2023 (audit obligatoire) |
Audit énergétique obligatoire avant vente |
Foire aux questions sur la loi DPE 2025 et l'interdiction de louer
Que se passe-t-il si la copropriété refuse les travaux d'isolement par l'extérieur ?
Si l'Assemblée Générale de copropriété vote contre les travaux d'isolation des parties communes (ex. isolation de la façade ou du toit), le propriétaire bailleur peut invoquer une dérogation légale devant le juge s'il prouve qu'il a réalisé tous les travaux possibles à titre individuel au sein de son lot privatif mais que le bien demeure en classe G malgré ces efforts.
Un logement classé G peut-il être loué en location saisonnière (type Airbnb) en 2025 ?
L'encadrement des meublés de tourisme a été renforcé par la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme. Désormais, les communes peuvent soumettre l'enregistrement des locations saisonnières à la présentation d'un DPE décent (au moins F en 2025, puis E), fermant progressivement cette échappatoire réglementaire.
Quelle est la durée de validité d'un DPE réalisé avant 2021 ?
Tous les DPE réalisés entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ont définitivement perdu leur validité juridique au 31 décembre 2024. Tout propriétaire bailleur remettant un bien en location doit faire réaliser un nouveau DPE selon les normes actuelles.
Les résidences secondaires sont-elles soumises aux interdictions du DPE 2025 ?
Non, les restrictions de la loi Climat et Résilience concernent uniquement les baux de résidences principales (occupation supérieure à 8 mois par an) définis par la loi du 6 juillet 1989. L'occupation à titre personnel d'une résidence secondaire n'est pas soumise à une obligation de performance énergétique minimale.
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