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Se loger quand on a 25 ans : ce que les programmes 2027 changeraient concrètement

Author Manuel Ravier Clock 5 minutes Clock Publié le 21/09/2026

Logement des jeunes : quels changements dans les programmes 2027 ?

Que proposent les programmes 2027 pour le logement des jeunes ? Les programmes publiés à l'approche de la présidentielle de 2027 abordent plusieurs aspects du logement des jeunes : accession à la propriété, PTZ, encadrement des loyers, garanties locatives, aides au logement, logement social et construction de nouvelles résidences. Les propositions diffèrent fortement selon les candidats et doivent être distinguées des règles actuellement en vigueur.

À 25 ans, trouver un studio ou signer son premier bail reste un parcours d'obstacles. Garant exigé, loyer qui absorbe une grande part du budget, délais d'attente pour un logement social : ces difficultés sont documentées depuis longtemps. Un rapport d'information du Sénat sur le logement des jeunes, enregistré le 15 octobre 2025, revient sur plusieurs leviers spécifiques aux moins de 30 ans, notamment le logement social dédié, la colocation, le bail mobilité, le bail réel solidaire (BRS) et le prêt à taux zéro (PTZ).

À l'approche de 2027, les candidats à la présidentielle avancent, chacun à son rythme, des propositions sur ces différents leviers. Certains ont publié un programme logement détaillé dès le printemps 2026. D'autres n'ont, à ce stade, formulé aucune mesure connue sur le sujet. 

Accéder à la propriété quand on a 25 ans : quelles mesures sont proposées ?

Plusieurs programmes abordent directement l'accession des jeunes générations à la propriété de leur résidence principale. Les mesures portent surtout sur le PTZ, la transmission familiale et les dispositifs d'accession progressive.

PTZ et primo-accession : quelles mesures figurent dans les programmes ?

Aujourd'hui, le PTZ est réservé aux primo-accédants, c'est-à-dire aux personnes n'ayant pas été propriétaires de leur résidence principale au cours des deux années précédentes. Depuis la réforme entrée en vigueur le 1er avril 2025, il s'applique à tous les logements neufs sur l'ensemble du territoire, quelle que soit la zone. Pour l'ancien, il reste limité aux zones B2 et C, sous condition de travaux représentant au moins 25 % du coût de l'opération. Le montant financé dépend des ressources du foyer et de la zone géographique.

Dans son programme présenté le 28 mai 2026, Bruno Retailleau propose de simplifier le PTZ et de le rendre accessible aussi bien dans le neuf que dans l'ancien, sur l'ensemble du territoire. Pour un jeune primo-accédant, cela signifierait un dispositif présenté comme plus lisible, sans nécessairement changer les plafonds de ressources déjà en vigueur.

Nicolas Dupont-Aignan, selon le comparateur de la Fondation iFRAP, propose d'élargir les conditions d'accès au PTZ en augmentant son plafond de 100 000 euros et en relevant la part du PTZ dans l'emprunt global. Il propose également la création d'un Prêt Accession à la Propriété (PAP), à taux préférentiel et de longue durée, destiné aux classes moyennes pour l'achat d'un premier logement.

Le projet socialiste, dans son ébauche présentée le 22 avril 2026, prévoit d'améliorer l'accès à la propriété en s'appuyant sur le BRS et le PTZ existants, sans annoncer de refonte du dispositif.

Aide familiale et transmission : quelles propositions pour les jeunes générations ?

Actuellement, un don familial exonéré de droits est plafonné selon des règles fiscales générales, sans dispositif spécifique aux moins de 30 ans.

Dans son programme du 28 mai 2026, Bruno Retailleau prévoit un « choc de transmission » limité à trois ans. Cette mesure prévoit un relèvement temporaire du plafond des dons familiaux exonérés à 150 000 euros pour les bénéficiaires de moins de 30 ans, et à 100 000 euros pour ceux de moins de 40 ans. Cette proposition s'appliquerait aussi aux donations et successions portant sur un bien immobilier.

Nicolas Dupont-Aignan propose, pour sa part, d'augmenter le plafond des donations exonérées de 100 000 euros supplémentaires par enfant ou petit-enfant, et de réduire de 15 à 10 ans le délai minimum entre deux donations.

Pour un jeune sans apport, ce type de mesure ne change rien en soi : elle vise les familles en capacité de transmettre un capital, pas l'accès direct au crédit ou au logement.

BRS, location-accession et accession progressive

Le bail réel solidaire, créé en 2016, dissocie la propriété du terrain de celle du bâti. Un organisme de foncier solidaire reste propriétaire du sol, ce qui réduit le coût d'achat pour le ménage.

Le projet socialiste prévoit de développer la possibilité d'accéder à la propriété en « leasing » : après quelques années de location, une partie des loyers déjà versés serait déduite du prix d'achat, et les intérêts bancaires resteraient déductibles des impôts. Cette mesure figure dans l'ébauche du programme présentée le 22 avril 2026.

Raphaël Glucksmann, selon le comparateur de la Fondation iFRAP, propose de développer le BRS pour en faire une offre de masse, afin que davantage de ménages puissent acheter un logement sans en payer le terrain.

Ces dispositifs restent, pour l'instant, des pistes de campagne. Ils ne remplacent pas les règles actuelles du BRS ou de la location-accession, qui continuent de s'appliquer telles qu'elles existent aujourd'hui.

Une étudiante s'informe sur les programmes et ce qu'ils changeraient en 2027 pour le logement étudiant

Louer : encadrement des loyers, garanties et aides au logement

Sur la location, les programmes agissent par plusieurs leviers distincts : le niveau des loyers, les garanties disponibles et le montant des aides personnelles au logement.

Encadrement des loyers : que prévoient les programmes ?

Depuis la loi ELAN de 2018, l'encadrement des loyers est expérimenté dans certaines zones tendues, uniquement lorsque la collectivité concernée en fait la demande. Il fixe un loyer de référence, majoré et minoré, que le bailleur doit respecter.

Le programme de Bruno Retailleau prévoit de supprimer les dispositifs d'encadrement des loyers issus de la loi ELAN, ainsi que d'abroger les mécanismes de plafonnement prévus par la loi de 1989. Pour un locataire dans une zone actuellement encadrée, cette proposition signifierait la disparition de la référence de loyer maximal applicable à son bail.

À l'inverse, Jean-Luc Mélenchon, d'après le comparateur de la Fondation iFRAP, propose d'encadrer les loyers sur tout le territoire, avec une orientation à la baisse dans les grandes villes. Le Front populaire porte une proposition proche, avec un encadrement dans toutes les villes tendues.

Ces deux orientations aboutiraient à des mécanismes opposés pour le même locataire, selon le programme appliqué.

Garantie locative : quelles mesures pour faciliter l'accès à la location ?

Aujourd'hui, Visale, dispositif gratuit d'Action Logement, garantit le bailleur contre les impayés pour certains publics, dont les jeunes de moins de 30 ans, sans exiger de garant personnel.

Jean-Luc Mélenchon propose de mettre en place une garantie universelle des loyers, créant un filet de sécurité contre les impayés à la fois pour les locataires et pour les propriétaires. Cette mesure, si elle était appliquée, dépasserait le périmètre actuel de Visale.

Pour un jeune sans garant familial, une garantie universelle changerait la donne à l'entrée dans un logement, en supprimant potentiellement l'exigence d'un garant physique. Le mécanisme précis de financement et de mise en œuvre de cette garantie n'est, à ce stade, pas détaillé dans les sources disponibles.

Aides au logement : que proposent les programmes ?

Les APL et l'ALS sont aujourd'hui versées par la CAF selon les ressources, le loyer et la zone du logement, aux étudiants comme aux jeunes actifs sous conditions.

Le projet socialiste prévoit de stopper la diminution des aides au logement, sans annoncer de revalorisation précise à ce stade. Le Front populaire, de son côté, propose une revalorisation des APL de 10 %. Marine Tondelier porte la même mesure de revalorisation de 10 % des APL, selon le comparateur de la Fondation iFRAP.

Aucune de ces propositions n'a, à ce stade, valeur de mesure appliquée. Le montant actuel des APL continue de dépendre des règles de calcul en vigueur, revues chaque année par les textes réglementaires existants.

Produire : logement social, logement intermédiaire et résidences jeunes

Plusieurs programmes ne se limitent pas aux aides individuelles. Ils portent aussi sur la quantité et la nature de l'offre de logements disponible.

Logement social : quelles propositions concernent les jeunes ?

La loi SRU impose aujourd'hui des quotas de logements sociaux de 20 % ou 25 % selon les communes concernées.

Jean-Luc Mélenchon propose de rehausser ce quota à 30 %, dont 5 % seraient consacrés spécifiquement aux résidences universitaires et aux foyers de jeunes travailleurs. À l'inverse, Bruno Retailleau et Marine Le Pen proposent tous deux de supprimer ou d'abroger ces quotas SRU, afin de redonner aux maires davantage de liberté pour construire.

Gabriel Attal, selon le comparateur de la Fondation iFRAP, propose de prioriser la construction des logements étudiants et des résidences gérées par le CROUS, dans le cadre d'un plan de construction de 400 000 logements par an.

Logement intermédiaire et résidences pour jeunes actifs

Le logement intermédiaire concerne des ménages dont les ressources dépassent les plafonds du logement social mais restent insuffisantes pour le marché libre. Il ne se confond pas avec le logement étudiant, qui vise spécifiquement les personnes inscrites dans un établissement d'enseignement.

Les résidences pour jeunes actifs, distinctes des résidences étudiantes classiques, restent peu évoquées de façon détaillée dans les programmes recensés à ce jour. Seules quelques propositions, comme celle de Gabriel Attal sur les logements CROUS, ciblent explicitement un public jeune identifié.

Construire, transformer et remettre des logements sur le marché

Le programme de Bruno Retailleau fixe un objectif d'un million de logements supplémentaires en cinq ans. Cet objectif se décompose ainsi : 350 000 logements liés à un nouveau statut du bailleur privé, 450 000 issus de la fin des interdictions de location liées au DPE, 150 000 par la transformation de bureaux en logements et 150 000 via les friches et la densification.

Le projet socialiste prévoit, quant à lui, de programmer une production massive de nouveaux logements en s'appuyant sur les logements vacants, la rénovation et la conversion de bureaux, via des aides incitatives à la pierre renforcées.

Ces chiffres constituent des objectifs annoncés par les candidats, pas des résultats déjà obtenus.

Ce qui changeraient avec les programmes 2027 du côté du logement étudiant

Ce qui ne dépend d'aucun scrutin : la tension sur les petites surfaces

Même si les politiques du logement évoluent après 2027, la disponibilité d'un studio dans une ville étudiante reste soumise à des facteurs structurels, indépendants du résultat de l'élection.

Pourquoi les studios et petites surfaces restent très demandés ?

Les villes universitaires concentrent une forte proportion d'étudiants et de jeunes actifs mobiles, souvent seuls, sur un stock de petites surfaces limité. Cette concentration entraîne une faible rotation des logements disponibles et des écarts marqués entre territoires, certaines zones restant beaucoup plus tendues que d'autres.

Pourquoi construire davantage ne règle pas immédiatement la tension ?

Un objectif de construction, quel que soit le programme dont il émane, suit un calendrier long : programmation, obtention des permis, chantier, puis livraison. Ce délai s'étend généralement sur plusieurs années. Une politique de construction agit donc sur l'offre à moyen terme, contrairement à une aide au logement ou une règle locative, qui peut modifier directement la situation d'un locataire dès son entrée en vigueur.

Quelles règles s'appliquent déjà aux jeunes en 2026 ?

Sans attendre l'issue de la présidentielle, plusieurs dispositifs restent mobilisables dès aujourd'hui. Visale reste accessible gratuitement à de nombreux jeunes sans garant. Les APL et l'ALS peuvent être demandées auprès de la CAF selon les ressources et le loyer. Le bail mobilité permet de louer pour une courte durée, sans dépôt de garantie, notamment pour les étudiants, stagiaires et apprentis. Le BRS et le PTZ, dans leurs conditions actuelles, restent ouverts aux primo-accédants éligibles. Les résidences universitaires gérées par le CROUS et les foyers de jeunes travailleurs continuent d'accueillir des demandes.

Sujet Ce qui existe aujourd'hui Ce que proposent certains programmes
Accession PTZ national depuis avril 2025, BRS depuis 2016 Simplification du PTZ, choc de transmission, leasing immobilier
Loyers Encadrement ELAN sur demande des collectivités Suppression (Retailleau) ou extension nationale (Mélenchon)
Garanties Visale, gratuit, ouvert aux moins de 30 ans Garantie universelle des loyers (Mélenchon)
Logement social Quotas SRU de 20 % à 25 % Suppression (Retailleau, Le Pen) ou relèvement à 30 % (Mélenchon)
Construction Offre freinée par les délais administratifs Objectifs de 400 000 à 1 million de logements supplémentaires

Le conseil de l'expert

« Lorsque vous comparez les propositions liées au logement, commencez par vérifier la règle qui s'applique aujourd'hui à votre situation. Une annonce de campagne ne modifie pas immédiatement les conditions de votre location ou de votre aide au logement. » Manuel Ravier, co-fondateur d'ImmoJeune.

Conclusion

Les programmes publiés pour 2027 abordent déjà plusieurs leviers du logement des jeunes : PTZ, encadrement des loyers, garanties locatives, aides et logement social. Mais les mesures divergent fortement selon les candidats, quand elles existent, certains n'ayant encore formulé aucune proposition connue sur ce sujet.

Pour un jeune locataire ou futur primo-accédant, l'essentiel reste de distinguer ce qui relève d'une promesse de campagne de ce qui s'applique réellement aujourd'hui. Les dispositifs existants, du PTZ à Visale en passant par les APL, continuent de fonctionner selon leurs règles actuelles, indépendamment du calendrier électoral. Ce contenu sera mis à jour au fil de la publication des programmes définitifs.

FAQ : logement des jeunes et présidentielle 2027

Quels programmes proposent des mesures pour le logement des jeunes ?

Plusieurs candidats ont publié des mesures touchant le logement, dont Bruno Retailleau, le Parti socialiste, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Raphaël Glucksmann, Gabriel Attal et Nicolas Dupont-Aignan. Peu de mesures visent spécifiquement les moins de 30 ans en tant que tels, la plupart concernant l'ensemble des locataires ou des primo-accédants.

Le PTZ est-il destiné aux jeunes primo-accédants ?

Le PTZ actuel n'impose pas de condition d'âge : il cible les primo-accédants, quel que soit leur âge, sous conditions de ressources. Plusieurs programmes, dont celui de Bruno Retailleau, proposent de le simplifier sans y ajouter de critère d'âge spécifique.

Quels programmes proposent de modifier l'encadrement des loyers ?

Bruno Retailleau propose de le supprimer. Jean-Luc Mélenchon et le Front populaire proposent, à l'inverse, de l'étendre à tout le territoire.

Les programmes 2027 prévoient-ils des changements pour les APL ?

Le Front populaire et Marine Tondelier proposent une revalorisation de 10 %. Le projet socialiste évoque un arrêt de leur diminution, sans chiffrage précis à ce stade. Aucune de ces mesures n'est appliquée aujourd'hui.

Quelles propositions concernent le logement étudiant ?

Gabriel Attal propose de prioriser la construction de logements CROUS dans son plan de construction global. Jean-Luc Mélenchon propose de consacrer 5 % des quotas SRU relevés aux résidences universitaires et foyers de jeunes travailleurs.

Quelles mesures concernent le logement social des jeunes ?

Les quotas SRU font l'objet de propositions opposées : suppression pour Bruno Retailleau et Marine Le Pen, relèvement à 30 % pour Jean-Luc Mélenchon, avec une part fléchée vers les jeunes dans ce dernier cas.

Manuel Ravier

Manuel Ravier

Co-fondateur, Immojeune

Manuel Ravier, co-fondateur d’ImmoJeune, accompagne depuis plusieurs années les étudiants et les jeunes actifs dans leurs problématiques liées au logement. Son expertise du marché locatif et des besoins des jeunes permet de décrypter les évolutions réglementaires et les politiques du logement sous un angle concret et pratique.

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