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Réforme facturation électronique : les bailleurs concernés ?

Author Manuel Ravier Clock 3 minutes Clock Publié le 12/09/2026

Les bailleurs sont-ils concernés par la réforme de la facturation électronique

Depuis le 1er septembre 2026, la réforme de la facturation électronique entre dans une nouvelle phase. Une évolution qui peut susciter des interrogations chez les propriétaires bailleurs, notamment ceux qui louent un logement meublé.

Faut-il désormais envoyer ses loyers sous forme de factures électroniques ? Tous les bailleurs sont-ils concernés ? Et faut-il obligatoirement choisir une plateforme spécialisée ? La réponse dépend avant tout du régime de TVA applicable à la location.

Contrairement à une idée qui peut rapidement circuler, la réforme ne signifie pas que tous les propriétaires doivent immédiatement abandonner leurs quittances ou factures habituelles. Les bailleurs dont les locations sont exonérées de TVA ne sont notamment pas soumis à l'obligation d'émission de factures électroniques.

Que change la réforme de la facturation électronique en septembre 2026 ?

La réforme de la facturation électronique prévoit une généralisation progressive des échanges de factures électroniques entre entreprises.

Depuis le 1er septembre 2026, les entreprises concernées doivent notamment être en mesure de recevoir des factures électroniques lorsqu'elles sont émises par un fournisseur lui-même soumis à cette obligation.

L'obligation d'émission intervient progressivement selon la taille de l'entreprise. Les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire sont concernées dès septembre 2026, tandis que les PME et micro-entreprises disposeront d'un délai supplémentaire jusqu'au 1er septembre 2027.

Cette distinction est importante pour les bailleurs : la réforme ne concerne pas automatiquement chaque propriétaire qui perçoit un loyer. Il faut regarder la nature de son activité et surtout son régime de TVA.

Les bailleurs en location meublée sont-ils concernés par la réforme de 2026

Les bailleurs sont-ils concernés par la facturation électronique ?

Non, tous les bailleurs ne sont pas concernés par l'obligation d'émettre des factures électroniques.

La Direction générale des Finances publiques précise notamment que les bailleurs dont l'activité est exonérée de TVA ne sont pas soumis à l'obligation d'émission en matière de facturation électronique.

C'est un point essentiel pour les propriétaires qui louent des logements à usage d'habitation. Une location peut être exonérée de TVA tout en constituant une activité locative réelle : le simple fait d'être propriétaire bailleur ne suffit donc pas à déclencher la réforme.

La situation est différente pour certains bailleurs dont l'activité est assujettie à la TVA. Ils peuvent alors entrer dans le champ de la réforme et doivent vérifier les obligations qui s'appliquent à leur activité.

À retenir : la réforme de la facturation électronique ne signifie pas que chaque bailleur doit désormais facturer son locataire électroniquement. Le premier critère à vérifier est le régime de TVA applicable à la location.

Pourquoi la location meublée peut-elle être concernée ?

La question se pose particulièrement pour les loueurs en meublé, car certaines activités de location meublée peuvent être soumises à la TVA dans des situations spécifiques.

Le principe reste toutefois celui de l'exonération pour de nombreuses locations de logements. La location meublée à usage d'habitation n'est donc pas automatiquement synonyme de TVA.

Certaines activités peuvent cependant relever d'un régime différent lorsqu'elles proposent des prestations ou des services qui rapprochent l'activité d'une prestation d'hébergement.

Le régime fiscal dépend alors de la situation concrète du bailleur et des caractéristiques de la location.

Cette distinction est particulièrement importante pour les propriétaires qui exploitent une résidence avec services, une activité d'hébergement ou une location meublée assortie de prestations spécifiques. L'administration fiscale précise notamment que certaines locations meublées à usage résidentiel peuvent être soumises à la TVA lorsqu'elles remplissent les conditions prévues par la réglementation.

Location étudiante classique : faut-il émettre une facture électronique ?

Pour un propriétaire qui loue simplement un studio ou un appartement meublé à un étudiant dans le cadre d'une location d'habitation exonérée de TVA, la réforme de la facturation électronique ne crée pas automatiquement une obligation d'émission de facture électronique.

Il faut donc éviter un raccourci fréquent : « location meublée = facturation électronique obligatoire ».

Ce n'est pas le cas.

Le bailleur doit d'abord déterminer le régime fiscal et de TVA applicable à son activité. Une location destinée à loger un étudiant n'entre pas dans le dispositif uniquement parce qu'elle est meublée.

Quels bailleurs doivent être particulièrement vigilants ?

Les propriétaires qui exercent leur activité dans un cadre soumis à la TVA doivent porter une attention particulière à la réforme.

C'est notamment le cas lorsque la location ne correspond plus à une simple mise à disposition d'un logement exonérée de TVA, mais relève d'une activité pour laquelle la TVA est applicable.

Les bailleurs professionnels, certaines sociétés propriétaires de logements et les activités de location meublée avec services doivent donc vérifier précisément leur situation.

La forme juridique du propriétaire ne suffit pas à elle seule à déterminer s'il est concerné. Deux propriétaires qui louent des logements meublés peuvent avoir des obligations différentes selon la nature de leur activité et leur régime de TVA.

La réforme de la facturation électronique concerne aussi les bailleurs

Que doit faire un bailleur concerné par la réforme ?

Lorsqu'un bailleur entre effectivement dans le champ de la facturation électronique, il ne s'agit pas simplement de transformer un document PDF en facture électronique.

La réforme repose sur l'utilisation d'un système permettant la transmission des factures dans le cadre prévu par l'administration fiscale.

Les entreprises concernées doivent notamment passer par une plateforme agréée pour leurs échanges de factures électroniques. Ces plateformes jouent également un rôle dans la transmission de certaines données à l'administration.

Le propriétaire concerné doit donc commencer par vérifier son statut, puis choisir la solution adaptée à son activité.

Pour un bailleur, l'enjeu est surtout d'éviter de s'équiper inutilement alors qu'il n'est pas soumis à l'obligation d'émission.

Une facture PDF n'est pas forcément une facture électronique

La réforme introduit également une distinction importante entre une facture électronique et une simple facture envoyée au format numérique.

Un PDF envoyé par e-mail ne devient pas automatiquement une facture électronique au sens de la réforme.

La facturation électronique repose sur des modalités techniques spécifiques permettant notamment la transmission et le traitement des données de facturation.

Pour un bailleur concerné, utiliser simplement un logiciel de traitement de texte ou envoyer une facture PDF par e-mail ne constitue donc pas nécessairement une réponse suffisante aux nouvelles obligations.

Pourquoi septembre 2026 est-il une date importante pour les bailleurs ?

Le 1er septembre 2026 marque une première étape majeure de la réforme.

À cette date, toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques lorsqu'elles sont concernées par le dispositif. L'obligation d'émission s'applique alors aux grandes entreprises et aux entreprises de taille intermédiaire.

Pour les PME et les micro-entreprises, l'obligation d'émission et de transmission électronique des données intervient à partir du 1er septembre 2027.

Cette mise en œuvre progressive laisse donc davantage de temps aux petites structures pour adapter leurs outils.

Pour les bailleurs, la première question reste toutefois la même : suis-je réellement dans le champ de la réforme ?

Il est inutile de choisir une plateforme ou de modifier son organisation de facturation avant d'avoir déterminé son régime applicable.

Les propriétaires bailleurs doivent-ils changer leurs habitudes ?

Pour une grande partie des propriétaires qui louent simplement un logement à usage d'habitation, la réforme ne bouleverse pas immédiatement la gestion courante du logement.

Le bailleur continue notamment à gérer son contrat de location, les paiements du loyer et les documents remis au locataire selon les règles applicables à son bail.

La réforme concerne avant tout les obligations de facturation et de transmission des données fiscales des activités entrant dans son champ.

Elle ne transforme donc pas automatiquement le loyer d'habitation en une prestation soumise à facturation électronique.

Pour les bailleurs qui sont concernés, en revanche, l'évolution mérite d'être anticipée. Les outils de facturation, les échanges avec les entreprises clientes et la transmission des données devront progressivement s'adapter au nouveau fonctionnement.

Le conseil de l'expert

« Pour un propriétaire bailleur, le premier réflexe ne doit pas être de chercher une plateforme de facturation électronique, mais de vérifier s'il est effectivement concerné par la réforme. Le régime de TVA et la nature de l'activité sont déterminants. »

Manuel Ravier – Co-fondateur d’ImmoJeune

Cette vérification préalable permet d'éviter deux erreurs opposées : ne pas respecter une obligation lorsqu'elle s'applique, ou mettre en place des démarches inutiles lorsqu'on en est exonéré.

Ce qui va encore changer en 2027

La réforme ne s'arrête pas au 1er septembre 2026.

À compter du 1er septembre 2027, l'obligation d'émission des factures sous format électronique ainsi que la transmission électronique de certaines informations à l'administration fiscale s'étendront notamment aux PME et micro-entreprises.

Pour les bailleurs exerçant une véritable activité professionnelle entrant dans le champ de la réforme, cette échéance constitue donc une date à anticiper.

Cela ne signifie toujours pas que tous les propriétaires particuliers devront facturer leurs loyers électroniquement en 2027. Le champ d'application dépendra toujours de la situation du bailleur.

Pourquoi faut-il éviter de confondre bailleur et entreprise concernée ?

Un propriétaire qui perçoit des loyers n'est pas automatiquement assimilé, pour cette réforme, à une entreprise qui doit émettre des factures électroniques.

La réforme concerne les opérations entrant dans son champ, notamment celles réalisées par des personnes ou structures assujetties à la TVA.

Cette précision est essentielle dans le secteur du logement, où les situations sont très diverses : location nue, location meublée, activité professionnelle, société propriétaire, résidence avec services ou encore activité d'hébergement.

Le statut de « bailleur » ne permet donc pas, à lui seul, de déterminer l'obligation.

Que retenir de la réforme de la facturation électronique quand on est bailleur ?

La réforme entrée dans une nouvelle phase le 1er septembre 2026 concerne bien certaines activités immobilières, mais elle ne s'applique pas indistinctement à tous les propriétaires.

Pour un bailleur, trois réflexes permettent d'y voir plus clair :

  • vérifier si l'activité de location est soumise ou non à la TVA ;
  • déterminer si l'activité entre dans le champ de la facturation électronique ;
  • anticiper les échéances correspondant à la taille et au statut de l'activité.

Pour un propriétaire qui loue simplement un logement d'habitation dans le cadre d'une activité exonérée de TVA, aucune obligation générale d'émission de facture électronique ne découle de la réforme.

À l'inverse, un bailleur dont l'activité est soumise à la TVA doit examiner précisément ses obligations et se préparer à utiliser les dispositifs prévus par la réforme.

Dans tous les cas, le plus important est donc de ne pas confondre la réforme de la facturation électronique avec une nouvelle obligation générale applicable à tous les propriétaires bailleurs.

Questions fréquentes sur la facturation électronique pour les bailleurs

Tous les propriétaires bailleurs doivent-ils utiliser la facturation électronique ?

Non. Le statut de propriétaire bailleur ne suffit pas à rendre une personne automatiquement soumise à la facturation électronique. Les obligations dépendent notamment de l'assujettissement à la TVA et de la nature de l'activité exercée.

Un bailleur qui loue un appartement meublé est-il concerné ?

Pas nécessairement. Certaines locations meublées sont exonérées de TVA et ne sont donc pas soumises à l'obligation d'émission de factures électroniques. Il faut examiner le régime fiscal et la nature exacte de l'activité.

Une location étudiante doit-elle faire l'objet d'une facture électronique ?

Une location d'un logement à un étudiant n'est pas automatiquement soumise à la facturation électronique. Lorsque le bailleur exerce une activité de location exonérée de TVA, la réforme ne crée pas d'obligation générale d'émission de facture électronique.

Un PDF envoyé au locataire est-il une facture électronique ?

Non, pas nécessairement. Une facture électronique au sens de la réforme répond à des exigences spécifiques. Le simple envoi d'un document PDF par e-mail ne suffit pas à lui seul à caractériser une facture électronique conforme au dispositif.

Quand les petites entreprises doivent-elles émettre des factures électroniques ?

Pour les PME et les micro-entreprises entrant dans le champ de la réforme, l'obligation d'émission des factures électroniques intervient à compter du 1er septembre 2027. La réception des factures électroniques constitue une première étape à partir du 1er septembre 2026.

Faut-il choisir une plateforme agréée dès maintenant ?

Un bailleur doit d'abord déterminer s'il est concerné par la réforme. Pour les activités entrant dans son champ, la réforme repose sur des plateformes agréées par l'État. En revanche, un propriétaire qui n'est pas soumis à l'obligation d'émission n'a pas à choisir une plateforme uniquement parce qu'il est bailleur.

Manuel Ravier

Manuel Ravier

Co-fondateur, Immojeune

Co-fondateur d’ImmoJeune, Manuel Ravier accompagne depuis plusieurs années les étudiants, propriétaires et professionnels de l’immobilier dans leurs problématiques de logement. Son expertise du marché locatif et des enjeux rencontrés par les bailleurs nourrit les analyses et actualités publiées sur ImmoJeune.

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